Emmanuel Macron organise, en visioconférence, ce mardi 17 novembre, une réunion avec différents acteurs du monde du sport amateur et professionnel. L’objectif est de revoir à la hausse les aides prévues par l’Etat pour sauver tous les clubs et tout le sport français.

« Certains ne réalisent pas les besoins du sport français »

Amateurs, professionnels, représentants de clubs de sport et présidents de fédérations, nombre d’entre eux seront présents mardi 17 novembre après-midi, en visioconférence pour une réunion au sommet. Ils seront, en effet, écoutés par le président de la République, Emmanuel Macron. Il souhaite lui-même organiser cette rencontre virtuelle avec les acteurs du monde du sport. Au cœur du sujet, aucun suspense : les conséquences économiques de la situation sanitaire.

Le combat est sensiblement le même que celui des restaurateurs et des petits commerçants. C’est-à-dire, obtenir des aides financières suffisantes pour permettre la survie des clubs et/ou des fédérations. A ce stade, le gouvernement avait débloqué 120 millions d’euros pour aider ces acteurs du sport. Néanmoins, celle-ci est jugée insuffisante, notamment par Tony Parker, aujourd’hui propriétaire de l’ASVEL Lyon-Villeurbanne. « Cette enveloppe est destinée à tout le sport français, c’est déjà ça, mais ça ne sera pas suffisant pour sauver le sport amateur et professionnel. C’est trop peu comparé aux deux milliards qui sont évoqués pour la Culture », lance T.P dans Le Parisien.

L’ancien joueur de San Antonio s’inquiète avant tout des huis-clos, en ce qui concerne le sport professionnel. Il a également l’impression « que certains ne réalisent pas la situation et les besoins du sport français ».

107 millions d’euros suspendus

Au total, une enquête du Comité national olympique et sportif français, rapporte que le reconfinement a généré près de 260 millions d’euros de pertes exclusivement liées aux cotisations. Le football pro, lui, frôle le milliard d’euros de perte. En cause, les échéances non versées par le diffuseur Médiapro mais aussi, en partie, la billetterie et les stades vides.

107 millions d’euros devaient être débloqués par le gouvernement pour pallier ces soucis de billetterie justement. Mais cette aide est pour l’instant suspendue à cause de sa compatibilité européenne.

Pour le sport amateur c’est tout aussi délicat, voire plus. En effet, Laurent Brajon, coach du Rugby club cévenol à Alès, confiait lors de l’arrêt des championnats de rugby amateur qu’« il faudra refaire un point financier avant la fin de la saison pour revoir à la baisse les défraiements et les primes de match, notamment ». Il notifiait également que les clubs qui se situent entre le monde professionnel et amateur sont les plus touchés. « Le championnat de Fédérale 1 (NDLR : 3ème division) n’est pas suspendu parce qu’il y a certains joueurs en contrat pro. Donc on ne peut pas leur empêcher de travailler. Mais ces clubs n’arrivent pas à tous les payer car ils n’ont pas de trésorerie. Ils préféreraient arrêter aussi. »

Annuler à temps

D’autres ont d’ailleurs fait ce choix-là, d’arrêter l’organisation d’évènements pour ne pas perdre trop de plume. Grégory Florin, l’organisateur de l’Alestrem, une course de moto d’enduro extrême, à Alès, a décidé, la semaine dernière, d’annuler la septième édition de sa manifestation qui devait se tenir les 23 et 24 janvier prochain. Une décision qui arrive un peu tôt dans le calendrier, tant on ne sait pas ce qui se passera fin janvier. Mais, c’est justement le fait d’avancer à l’aveugle qui a motivé Grégory Florin de ne pas prendre des risques financiers trop importants.

Par Paul-Roch Bruneton

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