L’influenceur aux milliers d’abonnés était il y a sept mois tête de liste de LaREM dans les 4e et 5e arrondissement de Marseille lors des élections municipales. Aujourd’hui, après sa défaite, le marseillais d’adoption reprend sa vie où il l’avait laissée.

« Marseille ? Une passion », lance Mathieu Grapeloup. Sept mois après avoir mené sa première campagne aux élections municipales, il reprend ses activités. Responsable communication dans une ONG qui mène des projets autour des questions énergétiques dans les quatre coins du monde, l’influenceur est très sensible à la question écologique.

Mathieu Grapeloup appelé par En Marche !

Attiré par le Printemps marseillais, la rencontre avec Saïd Ahamada « symbole des quartiers nord », l’a cependant fait changer d’avis. « Le binôme Yvon Berland et Saïd Ahamada me semblait être une belle incarnation de la réconciliation entre le nord et le sud de la ville aux élections municipales », explique Mathieu Grapeloup. A sa plus grande surprise, le communicant est approché en janvier 2020 pour devenir tête de liste de la République en marche dans le 3e secteur de Marseille. « On est venu me chercher », avoue Mathieu Grapeloup. « Je ne regrette pas d’avoir rejoint l’équipe de LaREM, j’avais cette volonté de dépasser les clivages politiques et de contribuer au rapprochement avec la gauche et les écologistes ». Lui, le Roannais d’origine qui publiait, il y a dix ans de cela, quelques photos du Mucem et du Vieux-Port sur les réseaux sociaux est suivi aujourd’hui par plus de 35 000 personnes.

Extrait de l’entrevue de Mathieu Grapeloup

La défaite de la République en marche

Novice en politique, il fait campagne aux côtés d’Yvon Berland. À 69 ans, l’ancien président d’Aix-Marseille Université soutenu par la République en marche n’aura pas su convaincre les Marseillais. Le soir du second tour, Yvon Berland arrive dernier dans son secteur avec 7,6 % des suffrages. Dans la même lignée, Mathieu Grapeloup lui non plus n’a pas su convaincre dans son secteur : 5,4 % des suffrages. Impossible pour lui de se maintenir au deuxième tour programmé trois mois plus tard. Crise sanitaire oblige. En Marche n’a obtenu aucun siège au Conseil municipal.
« Ma candidature ? C’est un échec, mais je ne retiens que du positif », affirme l’ancien candidat. Le 15 mars 2020, il essuie un premier échec en politique. Tête de liste ? « Inimaginable », se disait-il avant de porter un projet municipal.

Extrait de l’entrevue de Mathieu Grapeloup

« J’étais vraiment étonné lorsque l’on m’a proposé d’assumer cette responsabilité ». « Je suis fier des idées et du programme que j’ai portés », affirme Mathieu Grapeloup, en saluant son équipe qui l’a accompagné « jusqu’au bout ».

Celui qui est devenu influenceur malgré lui fait ensuite ses études à l’étranger entre Boston, Toronto et Madrid avant d’entamer un cursus universitaire dans une école de relations internationales à Lyon puis de poser définitivement ses valises à Marseille. Son premier job ? Chargé de com’ à Aubagne. Dans l’ONG : le Geres, en février 2011. Il découvre Marseille pour la première fois. « Les Marseillais méritent mieux », reconnaitra Mathieu Grapeloup. Fraichement débarqué, il tombe littéralement amoureux de la cité phocéenne. « Cette ville m’a rendu accro », sourit l’influenceur.

Un influenceur engagé vif ?

« Mathieu est quelqu’un de passionné », lance l’un de ses proches. « Quelqu’un de déterminé, de fiable qui va au bout de ses engagements ».
Mathieu Grapeloup tient depuis 2012, une page Facebook sur l’urbanisme. Un sujet « primordial ». Un combat qu’il mène encore aujourd’hui. En janvier 2020, il met en sommeil sa page
« Marseille à la loupe » pour se consacrer à la campagne et au lendemain du second tour, la pression retombe. « Je me suis senti libéré », assure-t-il. Occasion pour le Marseillais d’adoption de reprendre ses activités sur les réseaux sociaux. « J’avais peur que la confiance avec les gens soit rompue. Ce n’est pas le cas, explique-t-il. Je prends toujours plaisir à animer la page ».

À l’évocation d’une possible future candidature à une élection locale, Mathieu Grapeloup ne se précipite pas. « Ce n’est pas une obsession pour moi de me présenter », confie le créateur de ‘Marseille à la loupe’, « j’ai le sentiment d’avoir participé au destin de Marseille et d’avoir contribué à son basculement politique. Le positionnement des Marcheurs a été décisif ». Un destin entre les mains de la gauche unie. « Je leur laisse du temps », conclut désormais l’ancien candidat.

Lucas Brousse

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