Le média « Loopsider » a révélé ce jeudi 25 novembre les violences subie par Michel. Ce producteur de musique a été roué de coups par trois policiers, à l’entrée de son studio.

Michel : « J’ai eu peur de ne plus me relever »

Samedi 21 novembre, Michel, producteur de musique et patron de Black Gold Corp, pense rentrer tranquillement dans son studio, sans se douter ce qu’il va lui arriver. Michel sort de sa voiture aux alentours de 19h40, selon l’enquête menée par Loopsider. Parce qu’il ne portait pas de masque trois policiers, dont un en civil entre derrière lui dans son studio, sans la moindre autorisation. Le producteur raconte dans la vidéo de Loopsider que « des mains le tirent, et je sens que de suite ils sont virulent avec moi ».

On peut voir sur les images qu’un des policier saute sur son dos et essaye d’étrangler Michel. Coups de matraques à la tête, coup de pied dans les tibias, pendant plus de 7 minutes Michel est roué de coup par ces policiers. « Je me demande si c’est des policiers« , confie le producteur de musique en vue de la violences des faits. « J’ai eu peur de ne plus me relever« , explique Michel avec beaucoup d’émotion.

« Sales nègres! », « on va te défoncer! », « ta gueule! », voila les insultes qu’auraient reçu Michel de la part des policiers. Il explique que « ce sont les gamins en bas du studio qui ont entendu les cris et qui sont montés« . Les images de vidéosurveillances montrent que les policiers sont sortis à l’arrivée des jeunes artistes.

Les trois policiers suspendus

Les images publiées par le média Loopsider a permis aux enquêteurs d’en s’avoir plus sur le déroulé des faits. L’AFP annonce que les trois policiers sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Cette décision fait écho à la demande du préfet de police de Paris plus tôt dans la journée, qui avait appelé à suspendre les trois protagonistes.

Dans un climat social tendu, notamment avec la loi de « sécurité globale », le gouvernement n’a pas tardé à répondre. Le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, avait également demandé la suspension pour « violence » et « faux en écriture publique« . Dans l’après-midi l’enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale. Le procureur de Paris a lui demandé de résoudre l’affaire « le plus rapidement possible ».

Les réactions politiques

De la gauche, en passant par les verts pour arriver à droite, les responsables politiques ont condamné « l’agression » qu’a subie Michel. « Cette comédie où des policiers décident entre eux du sort de policiers ? Il faut dissoudre [l’IGPN] et la remplacer par une instance démocratique. Vous refusez de parler de violences policières mais tant qu’il y aura des images, on les verra ! Retirez la loi Sécurité globale ! », dénonce Adrien Quatennens, numéro deux de la France Insoumise.

A gauche aussi la réaction ne s’est pas fait attendre. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS a demandé « de traiter le sujet du racisme dans la police, de retirer l’article 24 de la loi Sécurité globale, de rendre l’IGPN absolument indépendante pour donner à ses décisions le caractère d’impartialité qu’elle n’a pas aujourd’hui ».

Julien Bayou d’Europe Ecologie les Verts a lui aussi réagit en mettant en exergue la loi de « sécurité globale ». « Sans les vidéos, rien ne serait sorti. Vidéos que vous voulez interdire. Pour protéger les policier-es qui exercent leur mission avec rectitude ? Ou pour assurer l’impunité de ces comportements qui déshonorent l’uniforme ? », a-t-il tweeté.

Chez Les Républicains également la colère gronde notamment Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France qui demande que les policiers soient « sanctionnés de manière exemplaire! »

Par Enzo Buonalana

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