6 mois de sursis pour la grande majorité des 14 prévenus. 2 relaxes et 3 mois ferme pour un prévenu. Les supporters comparaissaient après l’envahissement de la Commanderie le 30 janvier 2021.

Après plus de 9h de procès, les 14 prévenus qui comparaissaient ce mercredi matin connaissent leur sentences. Un prévenu a été condamné à 3 mois de prison ferme après les violences survenues à la Commanderie le 30 janvier dernier. Sur les 14 supporters 11 ont écopé de 6 mois avec sursis. Deux ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Marseille.

Tandis, que le procureur de la République, André Ribes avait requis des peines allant de 4 mois ferme à 8 mois de prison avec sursis.

Le véhicule d’André Villas-Boas dégradé par les supporters

Tout d’abord, ce procès était scruté de près. En effet, une quinzaine de journalistes étaient présents ce mercredi pour assister à l’audience. Elle a débuté à 8h30 en présence des 14 prévenus, supporters de l’OM. Parmi eux, 4 sont en détention depuis le 1er février, 10 comparaissent libres sous contrôle judiciaire. Sur les 14 prévenus seuls quelques-uns sont originaires de Marseille. La plupart sont domicilié à Manosque, Arles, Angoulême ou encore la région parisienne. Âgés de 19 à 37 ans pour la plupart inconnu des services de police. En effet, ils sont poursuivis pour avoir participé à un groupement en vue de préparer des violences ou dégradations de biens, et pour certains pour avoir commis des dégradations en réunion. Ils encourent jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Après l’intervention de Maitre Julien Gautier et Maitre Nicolas Besset à la barre la salle d’audience se mure dans un silence de cathédrale. Les images de vidéo-surveillance sont visionnés par la cour pendant près de 20 minutes. On y voit les supporters lancer des fumigènes créant ainsi un mur opaque. Puis, une centaine d’entre eux réussisse à gagner le centre d’entrainement Robert Louis Dreyfus. « Le portillon d’accès a été défoncé« , souligne la juge. Les ultras se confronteront à 10 agents de sécurité de la Commanderie. Pas assez nombreux pour éviter qu’ils pénètrent dans le bâtiment sportif. Pour finir, selon les forces de l’ordre auditionnés, 60 manifestants auraient cherché le conflit. Les policiers auraient tenté d’ouvrir un dialogue avec les manifestants, sans succès.

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Me Julien Gautier : « Il portait un sweat à capuche, pas une cagoule » – ©Enzo Buonalana

« La prison c’est horrible, on nous traite de serpent à lunette »

Par la suite, interrogé par la juge les 4 incarcérés ont tous joué la carte de la maladresse. « Vous faisiez quoi sur à l’intérieur de la Commanderie« , demande la présidente à Medhi, ancien abonné des South Winners. Il répond assez sûr de lui qu’il avait « suivi la foule et je me suis dit c’est le moment de voir la commanderie de l’intérieur. » Ensuite, Faisal, ancien abonné d’un an au club des amis des l’OM, a été interpellé avec un fumigène dans son sac. Sa défense, fait sourire la salle : « Le fumigène que j’avais je comptais l’utiliser pour un mariage. » Dans son sac 6 grammes de cannabis qu’il possédait, car « c’était un moment festif c’est pour ça que j’avais du cannabis pour faire la fête. » Là aussi la salle sourit.

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La présidente a souligné que le bus de l’OM a été dégradé avec un impact sur le pare brise

En outre, les quatre placés en détentions provisoires se disent « choqués » par la prison. « La prison c’est horrible, on nous traite de serpent à lunette, je ne sors jamais en promenade.« , souligne Mehdi. Deuxièmement, Axel, âgé de 23 est un ancien abonné au South Winners affirme qu’il déprime en prison : « la détention a été un choc pour moi, je ne mange pas, je ne dors pas, je suis seul, je ne sors pas de ma cellule. » Il avait été interdit de stade pendant 18 mois en 2018 après la finale d’Europa League.

Des dégradations qui s’élèvent à 87 121 euros selon l’OM

Les avocats de l’Olympique de Marseille s’étaient constitués partie civile lors du procès. À préciser qu’ils étaient aux nombres de trois et ont posés quelques questions aux prévenus. Notamment, une interventions qui va sur le signe de l’apaisement, ou pas : « Je m’adresse à vous en tant qu’artificier« , ironise un des avocat.

Après cela, les parties civiles ont chiffré les dégâts des violences de la Commanderie à 87 121 € hors taxe. En poursuivant, que des « études sur la solidité de la passerelle ont été faite. Vu le nombre de personnes qui sont montés dessus », souligne le représentant du club, Maitre Olivier Grimaldi. Deuxièmement, les avocats lance que ces individus « ne sont pas supporters, ils sont venus pour casser. Notre préjudice en la matière est abyssal. Nous demandons un préjudice conséquent de 140 000 euros, solidaires, qui seront reversés à la Fondation à l’OM. »

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Me Olivier Grimaldi : Ce n’est ni « le procès du supportérisme », ni « de la direction« 

Depuis, les incidents au Centre Robert-Louis Dreyfus, la tension s’est intensifiée avec les supporters. Premièrement, avec le projet « Agora OM« , proposé par le club la semaine dernière. Une initiative pour « réinventer le supportérisme. » Deuxièmement, après que le club ai annoncé qu’il pourrait mettre un terme à la convention qui les lie aux supporters. Plus précisément, elle avaient été signé en 2016 et concerne les abonnements des six groupes de supporters. Pour conclure, cinq autres supporters, dont Christophe Bourguignon le leader du CU84, seront jugés le 22 mars.

Par Enzo Buonalana & Lucas Brousse

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